Finance Islamique dans le système bancaire Camerounais : prend ou prend pas ?

La Finance Islamique se réfère à l’ensemble des transactions et instruments financiers conformes à la jurisprudence islamique qu’est la « Shari’a ». Ses principes sont :

  • L’interdiction de perception de tout intérêt rémunérateur (« riba ») relatif à une transaction financière ;
  • La prohibition de l’incertitude (« gharar ») relative au fait de la dissimulation des informations permettant à chaque contrepartie de prendre une décision éclairée ;
  • L’illicéité de la  spéculation (« maisir ») , correspondant à la projection de gains potentiels sur une transaction ; 
  • Le caractère injuste de l’enrichissement personnel au détriment de la contrepartie (haram) : Cela découle de la règle selon laquelle un musulman ne doit générer de profit qu'à partir de transactions ou d'activités dans lesquelles il investit et à la condition qu'il en partage les risques (cette règle fait référence au “principe des trois p” : partage des pertes et des profits). Le partage n'est pas nécessairement égalitaire mais il doit être déterminé selon une clé de répartition convenue à l'avance.

Depuis son apparition courant des années 1975, sous l’initiative de la BID, la finance islamique n’a cessé de se développer dans le monde. Dotée d’un fort potentiel, elle a su séduire les grandes places financières européennes :

  • En Grande Bretagne - premier émetteur de sukuk-obligations, avec plus de 320 millions de dollars en 2014 ;
  • En France avec les aménagements fiscaux sous l’ère Sarkozy ;
  • Mais aussi et surtout elle a pu résister face à la crise financière de 2008.

Au Cameroun, Sur les 15 banques de détails, seules quelques-unes se sont pour l’instant lancées sur ce segment (Afriland First Bank, Ecobank) du marché financier. En dépit de sa forte influence religieuse et donc de la présomption de plus grande équité dans la gestion des transactions, au niveau relativement faible de défaut par le truchement de la répartition équilibrée des gains, et la grande souplesse des opérations, ce n’est pourtant pas la ruée sur cette opportunité dans le pays. La dernière actualité en date annonce ORA ISLAMIQUE, le produit développé par RENAPROV Finance SA.  D’autres institutions de Microfinance investiguent et projettent le champ. Mais avec timidité toutefois.

Le seul point de lisibilité d’un indicateur d’éventuel performance sur ce service est à ce jour la projection des 3 milliards de finance annoncé par Afriland First Bank sur ce segment il y’a déjà 4 ans. Cela pourrait donner l’impression d’une véritable difficulté du service à s’imposer.

Toutefois, en prenant du recul et avec une perspective plus systémique, on remarquera qu’en réalité le problème qui est relevé ici ne peut être évaluer de la même façon pour tous les niveaux d’intervenants. En effet, et pour rappel :

  • Avec une croissance mondiale de 16% par an entre 2003 et 2013 (FMI et BM) et des prévisions de plus de 4 000 milliards de dollars d’avoir d’ici 2020 selon les experts, la finance islamique connait une croissance plus importante que celle de la finance conventionnelle ;
  • Plus de 500 institutions bancaires opèrent dans la finance islamique dans le monde. Cette finance spécialisée revendique des actifs cumulés dépassant 1000 milliards de dollars, soit plus de 550 000 milliards de francs CFA ;
  • 56 pays de l’Afrique Sub-saharienne, 22 états membres de la BID ont intégré cette approche de financement. Le SUKUK aurait permis de lever plus d’1,2 milliards d’euros en 2016 en Côte d’Ivoire, au Togo et au Sénégal ;
  • Dans le cadre de la coopération avec la Banque islamique de développement (BID), des entités camerounaises, aussi bien le gouvernement et ses démembrements que les opérateurs économiques privés, ont reçu de la BID des concours financiers estimés à 615 milliards de francs CFA. Ceci au travers d’environ 80 opérations, a révélé le représentant de la BID au Cameroun.

Par conséquent le produit se vend bien par ailleurs au niveau mondial, continental, voire national publique. Il est donc pertinent de se demander pourquoi il ne suscite pas plus d’engouement dans le secteur financier privé, dans un pays à fort besoin de financements et d’investissements, et au regard de la crise de confiance qui trouverait un écho favorable dans les principes de base de ce mode de financement. En comparant par exemple l’enjeu d’alignement nécessaire pour la mise en place de la banque digitale, comparativement aux exigences processuelles minimes de la finance islamique, on pourrait être amené à penser que les banques poursuivent un chameau en course, avec une ornière les empêchant de voir l’agneau broutant juste à côté…

A Titre indicatif, les produits de banque islamique proposés par les institutions financières nationales sont pour l’essentiel :

  • La Mourabaha : représentant un contrat de vente au terme duquel le vendeur cède un actif à un financier islamique, qui à son tour le revendra à un investisseur moyennant un prix payable à terme ;
  • Le Ijara : ou leasing islamique désigne le transfert de l'usufruit d'un bien particulier à une autre personne ou entité en échange d'un paiement de loyer.
  • La Moucharaka : correspond à une prise de participation de la banque au capital d’un projet et au partage proportionnel des gains.
  • La Mudaraba : est une opération par laquelle la banque apporte les fonds dans un projet, le partage des bénéfices étant convenu d’avance entre les parties.

 

ENTREPRISE                               

   

ENEO va rétrocéder 5% de son capital au personnel

Dans un message aux employés de la dite compagnie d’électricité, le Directeur Général a précisé que le dit transfert s’étant fait avec l’accord du syndicat dans l’optique de permettre aux employés de pouvoir mieux préparer leur fin de retraite.

 

SUNU - CAMINSUR  Arriment  aux standards internationaux

Les responsables de la Cameroon Insurance (CAMINSUR) ont entrepris des négociations devant aboutir à la signature d’un partenariat stratégique avec le Groupe SUNU. La démarche devrait permettre à la CAMINSUR d’offrir à ses partenaires des services arrimés aux standards internationaux, ainsi qu’à renforcer ses atouts et à améliorer la qualité du service offert à sa clientèle.

 

Allianz se donne de nouveaux objectifs pour améliorer la qualité du service

Avec un résultat net en constante progression depuis 2014 Allianz Cameroun Assurance ambitionne de continuer à placer le client au cœur de son organisation,  de développer le réseau de distribution tout en renforçant les synergies pour favoriser la multi-détention ; de prioriser l’innovation en matière de conception de produits simple et adaptés et de  développer des canaux alternatifs de distribution à destination des populations à faibles revenus à travers.

 

CONJONCTURE

 

45 milliards de FCFA de la Banque Islamique de Développement dans le Nord-Ouest et le Noun

Pour la deuxième phase du projet de développement participatif intégré des grassfields (Nord-ouest et Noun), la Banque islamique de développement à injecter 45 milliards de F pour l’amélioration du secteur agricole et la  lutte contre la pauvreté. Le lancement officiel de ces projets a eu lieu à Yaoundé.

 

PERSPECTIVES

 

Ecobank continue sa transformation digitale et l’amélioration de l’expérience client

Après le lancement de sa plate-forme mobile en Février dernier, Ecobank et Mastercard proposent un nouveau mode de paiement rapide : Masterpass. Permet entre autre d’effectuer des achats et payements à partir de son téléphone mobile et de bénéficier de plus de rapidité et de simplicité.

 

REGLEMENTATION

 

COBAC : 10 milliards de FCFA minimum pour devenir une banque

Passer d'une institution de micro finance à une banque n'est pas seulement difficile, mais prend aussi beaucoup de temps. Selon les textes de la COBAC, toute micro finance qui pense mériter de devenir une banque, écrit une demande auprès de l'institution de contrôle. D’après ces textes, le capital minimum pour ouvrir une banque est de 10 milliards de FCFA.

 

Minpostel-Minfi : Possibilité  d’une loi pour le mobile money

D’après le Ministre des Postes et Télécommunication, sur haute instruction du Premier Ministre, le MINPOSTEL et le MINFI réfléchissent désormais sur les conditions de mise en place d’une loi qui encadre le segment du mobile money au Cameroun. Dans le contexte actuel, les opérateurs de télécommunication se livrent une bataille féroce et constituent de fait une concurrence déloyale pour les opérateurs classiques d’envoi et réception d’argent.

 

CEMAC

 

La BDEAC adopte un plan quinquennal pour booster la croissance en Afrique Centrale

Dans le contexte marqué par la conjoncture économique dans la sous-région Afrique Centrale, la baisse des cours du baril de pétrole à l’international, l’insécurité transfrontalière. La BDEAC a précisé que sa priorité sera accordée aux projets à forte intensité de main d’œuvre local dans l’environnement et l’agro-industrie pour freiner les importations des denrées alimentaires.

 

BDEAC : 3000  milliards de FCFA pour  financer l’agriculture en CEMAC

La Banque de développement des Etats de l’Afrique Centrale entend financer à hauteur de 3 000 milliards de FCFA le développement de l’agriculture, l’agro-industrie, la pêche, la pisciculture et l’élevage en Afrique Centrale. Financement qui entre dans son plan stratégique 2017-2021  de promotion de l’agriculture vivrière locale et la limitation des importations.

 

BEAC : plus de mesures d’encadrement des moyens de paiement

En accord avec la volonté des institutions camerounaises, la BEAC par son Comité de Stabilité Financière en Afrique Centrale, souhaite mieux réguler l’activité des nouveaux moyens de paiement. Il s’agit de la mise sur pied d’une loi pour régir le transfert d’argent via les opérateurs de téléphonie mobile

 

AFRIQUE

 

Attijariwafa Bank lance un programme innovant pour les start-up

Sous la thématique : « know your colleagues, know your customer, know your banker », le projet sera lancé dans cinq pays, la France, le Maroc, la Tunisie, la Côte d’Ivoire et le Sénégal et vise à promouvoir le développement des start-up et la structuration d’une veille technologique de leur écosystème.

 

FMI : une croissance relativement faible des économies d’Afrique Subsaharienne

Le rebond de la croissance en Afrique subsaharienne serait notamment dû à la hausse de la production pétrolière au Nigeria, une reprise des cours mondiaux des produits de base et une baisse de la sécheresse en Afrique australe. 

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