La finance participative et financement de l’économie camerounaise

L’entrée de SCB[1] Cameroun dans le segment de la finance islamique, après  Afriland First Bank et Ecobank, porte à trois le nombre de banques camerounaises de détail opérant sur ce segment. Ce redéploiement des banques camerounaises sur le segment de la finance participative intervient dans un  contexte marqué par :

  • une politique de développement de la finance islamique (CNC[2]) et un taux de croissance annuelle mondiale de 16% depuis 2013 ;
  • l’émergence des acteurs du Crowdfunding ;
  • la BID[3], acteur privilégié dans le financement participatif des PME camerounaise.

L’engouement actuel pour la finance participative prendrait ses origines dans la modification des  habitudes et besoins des consommateurs des produits financiers qui a provoqué un retour aux fondamentaux des banques, celles-ci s’étant depuis spécialisées sur la finance spéculative beaucoup plus rentable. En effet, le web a mis en évidence des opportunités de financement de l’économie via le canal de la finance participative et on a pu remarquer que des glissements et croissements stratégiques de segments des NTIC[4], de la Finance, de la téléphonie et du développement des logiciels ont entrainé :

  • la naissance des Fintech (« Djangui »,  Guanxi Investment...) qui se positionnent comme des futures concurrentes directes des banques traditionnelles ;
  • la remise en question progressive du rôle de la banque comme acteur privilégié du financement de l’économie camerounaise ; 
  • la contrainte des banques à une révision de leur business model, ajustement de leur stratégie digitale pour la rendre plus profonde et intégrative sur la structure de leur proposition  de valeur. 

Toutefois, il faut noter que les consommateurs des produits bancaires et financiers camerounais continuent de manifester deux besoins pratiquement antagonistes : garder le contact physique avec leur banque à laquelle ils sont souvent historiquement et émotionnellement attachés ; et évoluer avec leur époque, numérisée, dématérialisée, rapide et proactive.

En outre, même si lever des fonds par le biais des Fintech et du Crowdfunding  ne constitue pas une panacée, les Fintech  rencontrent un certain succès auprès des startups camerounaises (plus de 120 millions de  FCFA levés par la startup Will and Brothers), et une certaine légitimité avec l’organisation des forums sur l’économie numérique (7 en l’espace de deux ans) ; ce qui démontre le potentiel de croissance et l’impact du Crowdfunding sur la finance participative. 

En définitive, la finance participative et le Crowdfunding constituent un mode de financement  de l’économie opérant sur des corridors parallèles en réelle concurrence de la banque classique camerounaise en termes de facilitation d’accès au  financement, de réduction des coûts, et de  part de marché. Ce qui suscite par ailleurs un engouement des institutions étatiques en charge de la réglementation bancaire et financière, qui intègrent les solutions de financement participatif dans leur stratégie générale, notamment avec les apports de BID.  

Ainsi, malgré leur relative stabilité les banques camerounaises risquent, si elles n’inscrivent  pas la finance participative dans l’ADN de leur business model, faire face à une véritable réduction de leurs revenus de base.


[1] SCB : Société Camerounaise de Banque, filiale du groupe Attijariwafa Bank

[2] CNC : Conseil National du Crédit

[3] Banque Islamique de Développement

[4] NTIC : Nouvelles Technologie de l’Information et de la Communication

 

CONJONCTURE

 

BTA, 160% de couverture sur le marché commun de la CEMAC

Pour cette opération qui consistait à lever un montant de l’ordre de 5 milliards de FCFA, l’émission de ce Bon du Trésor Assimilable a vu la participation de 16 banques spécialisées dans la sous-région, pour une valeur nominale de 1 million de FCFA ; soit un total de 8 milliards lever. Cette levée de fonds sur le marché commun s’inscrit dans un plan d’émissions de titres publics d’un montant total de 300 milliards pour l’année 2017, nous apprend le site web CAMERPOST, destiné au financement des projets structurants.

 

PERSPECTIVES

 

MUPES, contribution du MINSEC aux conditions de vie des enseignants

Le Ministre des Enseignements Secondaires a signé le 24 mai dernier une convention pour le démarrage d’une mutuelle des personnels des enseignements secondaires (MUPES), dont le rôle est l’amélioration des conditions de vies par l’assurance maladie, les frais funéraires, l’assurance automobile et la retraite complémentaire. Les modalités étant fixées à 5000 FCFA d’adhésion et 5000 FCFA de cotisation mensuelle.

 

CEMAC

 

BGFI Bank annonce un résultat net consolidé en 2016 en progression de 30%

Le groupe bancaire gabonais parent de la filiale camerounaise BGFI Bank, a annoncé lors de son assemblée générales tenu le 18 mai dernier, avoir réalisé une performance de son résultat net consolidé en 2016 de 39 milliards de FCFA ; dû notamment à la forte croissance du Produit net Bancaire et de la bonne maîtrise des risques.

 

AFRIQUE

 

La lutte contre les créances douteuses d’Ecobank Transnational Incorporated

La holding internationale de banque Ecobank envisage de lever pas moins de 400 millions de dollars via l’émission d’obligations après accord de son actionnariat. Ces fonds serviront entre autres, à  faire face aux créances douteuses en  financer le travail de la commission ad hoc crée à cet effet et refinancer diverses dettes dues sur le court terme, tel que e révèle le site web agence ecofin.

 

Attijariwafa Bank, meilleure banque en Afrique du Nord

Lors de la onzième édition des African banker Awards, le groupe bancaire marocain, maison mère de la camerounaise SCB s’est distingué en obtenu  le trophée de meilleure banque en Afrique du Nord. Notamment pour son rôle considérable dans le paysage bancaire et son rôle déterminant dans l’inclusion financière.

 

UBA, vers un eurobond d’un montant global de 500 millions de dollars

Le groupe bancaire nigérian UBA maison mère de la camerounaise UBA Cameroon, a annoncé son intention d’émettre des obligations pour un montant total de 500 millions de dollars sur le marché international. Pour la réussite de cette opération d’envergure, le groupe bancaire compte sur sa forte présence africaine et ses partenaires stratégiques (CITI, Barclays et Standard Chartered Bank)

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