Les menaces du système bancaire camerounais

Dans son dénier rapport sur les prévisions de croissance des pays (Juin 2017), la banque mondiale revoit les prévisions de croissance du Cameroun à environ 3,7 % au lieu des 4,3 % annoncé pour l’année 2017 initialement. A côté de l’analyse que l’on pourrait poser sur le taux de pénétration bancaire au Cameroun (environ 20%), le système bancaire camerounais, certes stable et bénéficiant de la confiance des consommateurs de produits financiers, affiche depuis quelques années une croissance molle, une remise en cause des business model classiques et un taux de performance globalement moyen.  

Des raisons structurelles, autant que conjoncturelles peuvent être évoquées pour quadriller une analyse Porter-ienne[1] des forces en présence qui constituent les facteurs de menace de ce secteur. Il s’agit globalement de : la régulation règlementaire, la conjoncture économique et l’arrivée de nouveaux acteurs consécutive à la transformation digitale en cours.

 

1. La règlementation

Le bilan de la réglementation financière bien qu’apparemment positif dans sa globalité au lendemain de la crise des subprimes de 2008, est tout de même à nuancé lorsque l’on y jette un regard de détail. En effet, sur le plan individuel la plus grande menace qui pèse sur les banques reste l’inflation réglementaire, car en plus des règles de Solvabilité II et les accords de Bâle III, c’est plus de 2OO[2] textes règlementaires qui encadrent l’activité des banques sur les plans mondial, régional et national. Il n’est certainement pas nécessaire de dire ici que la lourdeur de règles de gestion et d’encadrement d’une activité produit forcément une rigidité néfaste au déploiement d’actions stratégiques. 

Comme conséquence directe, les établissements bancaires sont contraints à des restructurations profondes, entrainant un alourdissement de la conduite des stratégies globales, voire de la transformation nécessaire à leur survie. Par ailleurs, les coûts de mise en conformité très importants, avoisinent en moyenne 50%[3] de l’effort d’investissement annuel. Un calcul du coût d’opportunité d’une telle pression financière peut être fait pour en déterminer les pertes en efficacité que l’on entrevoit. Pour les multinationales comme AFB, Ecobank, ou SGC le préjudice en est encore plus important compte tenu des réglementations locales.

 

2. La conjoncture économique

Face à une croissance qui reste relativement molle et la crise pétrolière qui impactent la sous-région CEMAC en général et le Cameroun en particulier,  la seconde  menace qui pèse sur le secteur bancaire est celle de la conjoncture économique. En effet, leurs revenus provenant essentiellement de l’intermédiation financière,  les banques  subissent de facto la conjoncture économique à cause :

  • De leurexposition aux turbulences conjoncturelles et du secteur ; elles représentent 96%[4] du système financier camerounais ;
  • Du ralentissement de l’activité qui affecte l’épargne et le crédit ; ainsi que la croissance des entreprises nationales et régionales ;
  • Du plan d’investissement sur plusieurs décennies amorcé depuis quelques années et qui met à contribution les entreprises, et peut porter un coup de ralentit aux prévisions de performance des banques dans leur ensemble.

A titre d’illustration, dans le pays, bien que disposant d’une économie diversifiée, le pétrole contribue à 20% du budget de l’Etat et 9%[5] du PIB national ; par effet de conséquence le ralentissement de ce secteur de l’économie entraine forcément sur le secteur bancaire une révision des prévisions.

 

3. Les nouveaux acteurs

Un nombre croissant de start-up s’intéressent de plus en plus au secteur financier et les innovations qu’elles apportent tendent à la disruption progressive des services financiers et bancaires ; la menace pour le secteur vient du fait que ces Fintech redéfinissent la proposition de valeur des moyens  de paiement et l’intermédiation financière notamment, qui sont la porte d’entrée de la clientèle et le point focal de la finance moderne. Un indicateur de risque majeur sur la définition des stratégies à vernir. Cette pénétration des Fintech se caractérise par une dématérialisation des services bancaires, une pleine utilisation des possibilités d’internet et une concentration sur : les moyens de paiements  (Orange money et MTN mobile money); le Crowdfunding (Guangxi Investment, WeCashUp, Djangui) ; le transfert de fonds à l’international Wari et World Remit. Jadis liés aux banques, les opérateurs, notamment ceux du mobile money ont de plus en plus migré vers plus d’autonomie (agréments d’émetteurs de monnaie électronique en Afrique de l’Ouest).

Les banques se retrouvent donc face à une pluralité de compétiteurs avec des profils bien plus diversifiés qu’il y’a quelques années. Elles doivent de ce fait anticiper sur des stratégies plus complexes en mesure de s’entourer d’une information pertinente sur chacun des groupes stratégiques à challenger.

La solution pour elles, ne serait  pas à leur tour de réviser leur métier de base ? ... Ainsi face aux menaces pesantes et diverses, des champs de solutions se trouveraient dans :

  • La Remise en question des modèles classiques de la banque (le cas de la première agence de banque digitale ouverte par la Société Générale Burkina Faso) ;  
  • Les économies d’échelle sur les agences dont l’enjeu serait la réduction des frais de structure et l’investissement plus conséquent sur la ressource technologique, l’innovation et la recherche ;
  • L’Amélioration de l’expérience client au travers de l’économie des services.

[1]Les cinq forces du marché de Mickael PORTER.

[4] COBAC, 2014

 

ENTREPRISE                                 

 

BICEC, prévision de performances pour 2017

La Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit entrevoit de meilleures performances en 2017 comparativement à 2016. « Les prévisions 2017 sont prometteuses d’un avenir radieux pour la BICEC avec un résultat prévisionnel supérieur à 10 milliards de FCFA. Concernant le produit net bancaire [PNB] 2017, il avoisine les 60 milliards de FCFA contre 50,8 milliards de FCFA en 2016 », a annoncé Alain Ripert.

 

African Guaranty Fund

Le Camerounais Jules Ngankam est le nouveau Directeur Général Adjoint de l’African Guarantee Fund, qui est le premier fonds de garantie panafricain dédié aux PME.

Il a travaillé pendant plus de huit ans pour Barclays Londres comme stratège en tarif et négociateur des valeurs et vice-président du trésor et de gestion de la liquidité.

 

CONJONCTURE

 

FCFA, rareté de la monnaie au niveau national

D’après le banquier et Expert financier Isaac Pone, la rareté en volume de la monnaie fiduciaire s’expliquerait par sa faible vélocité due notamment à l’absence de grosse transactions et  de récession économique

 

FMI, croissance en baisse pour l’économie camerounaise

Le FMI a présenté le 13 Juin à Yaoundé, le rapport intitulé « perspectives économiques régionales Afrique Subsaharienne » devant plusieurs membres du gouvernement. D’après le FMI, le Cameroun fait ainsi partie des pays qui verront leur croissance chuter cette année. L’on partirait de 4 ,4% en 2016 à 3,7% en 2017.

 

PERSPECTIVES

 

BID, mise en œuvre des projets agropastoraux dans l’Ouest Cameroun

Une mission de la Banque Islamique de Développement a séjourné au Cameroun et à procédé au lancement officiel de plusieurs projets relevant du secteur de développement rural. Il s’agit en effet des activités préparatoires à la mise en œuvre effective des dits projets. 

 

BM, deux prêts pour le développement de l’élevage et de l’électricité

La Banque Mondiale a accordé deux prêts d’un montant global de 262 milliards de FCFA pour développer les secteurs de l’élevage et de l’électricité. Le premier d’un montant de 60 milliards de FCFA est destiné à l’amélioration et la modernisation du Projet de Développement d’Elevage pour une durée de six mois.

 

REGLEMENTATION

 

Finance locale, les TIC mises à contribution

Le logiciel de gestion de la finance locale dénommé « Sim_ba » a été officiellement validé vendredi dernier à Yaoundé, au cours d’une cérémonie qui a réuni le MINATD, les délégués du gouvernement, les maires et les représentants de l’Association Internationale des maires Francophones (AIMF).

 

Transfert d’agent international, la reprise dans les guichets

Le transfert d’argent vers l’International est de nouveau opérationnel après près d’un an de perturbation. Ce dénouement fait suite aux contributions des agents et partenaires de la société de transfert de fonds international Werstern Union et le ministère des Finances.

 

CEMAC

 

BEAC, ravitaillement en liquidités des banques de la CEMAC

Face au déficit de liquidités auquel est confrontée la zone CEMAC, la BEAC vient de lancer un mécanisme d’anticipation pour appuyer les institutions bancaires et financières.

 

AFRIQUE

 

Ile Maurice, un camerounais à la tête des banquiers

Le Camerounais Mathieu Mandeng vient d’être nommé président de l’Association des banquiers de Maurice.

Ancien Directeur de la Standard Chartered Bank Cameroun, et Président de l’Association Professionnelle des Etablissements de Crédits du Cameroun il fut muté à l’Ile Maurice en 2015

 

Orange Group finance les start-up africaines

Le groupe Orange compte investir 50 millions d’euros pour financement de son nouveau programme Orange Digital Ventures Africa.

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