Résumé — ERM n°005, Mars-Avril 2026

Le Cameroun traverse une mutation structurelle marquée par le retour en force de l’État dans les secteurs névralgiques. La renationalisation d’ENEO en SOCADEL symbolise cette quête de souveraineté énergétique, malgré un déficit mensuel de 13 Mds FCFA. Sur le plan macro, la croissance est projetée à 3,3 % et l’inflation repasse sous le seuil CEMAC à 2,9 %, mais les marges se resserrent : le programme de mobilisation de 580 Mds FCFA au T2-2026 fait peser un risque d’éviction sérieux sur les PME, dans un contexte où le taux directeur de la BEAC reste restrictif à 4,75 %. Le secteur extérieur est sous pression avec un déficit commercial record de 2 145 Mds FCFA et une chute de 87 % des exportations pétrolières vers les USA en cinq ans.

Le focus spécial analyse la révolution silencieuse des fintechs en zone CEMAC : 51 millions de comptes mobile money, 3,74 milliards de transactions, encours en hausse de +56,77 %. Le Cameroun concentre à lui seul 65 % du volume régional. Mais derrière les chiffres, trois fragilités persistent : multi-détention des comptes, surévaluation des points de service, et hégémonie du cash (10 000 Mds FCFA hors circuits numériques). L’enjeu horizon 2030 est l’interopérabilité complète et l’évitement d’une fiscalité punitive.

L’opportunité du mois porte sur l’accès Duty-Free, Quota-Free au marché chinois dans le cadre du FOCAC, ciblant les produits transformés : agro-industrie de spécialité (poivre de Penja, cacao, café), cosmétique naturelle et transformation du bois. La condition de réussite reste l’investissement dans les certifications SPS/HACCP.

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